Mar. Lug 14th, 2026

“La première victime de la guerre est la vĂ©ritĂ©.” AttribuĂ© Ă  Eschyle, et jamais aussi juste que lorsque le champ de bataille est invisible, les armes sont des paquets de donnĂ©es, et les cibles sont les fondements numĂ©riques d’une civilisation mondialisĂ©e.

Le tableau de bord qui l’avait vu venir

Le matin du 3 mars 2026, un tableau de bord se mettait silencieusement Ă  jour au sein d’un système de surveillance connu sous le nom de NEXUS, une plateforme de renseignement et d’observation dĂ©veloppĂ©e par Cyberium Limited pour suivre, en temps rĂ©el, l’Ă©tat de santĂ© des infrastructures numĂ©riques critiques dans les rĂ©gions les plus sensibles du monde. La capture d’Ă©cran, prise Ă  14h41min21s et reproduite ici dans le cadre de cette analyse, raconte une histoire qu’aucun journal tĂ©lĂ©visĂ© ne diffusait Ă  ce moment prĂ©cis. BahreĂŻn, qui abrite simultanĂ©ment la rĂ©gion AWS me-south-1 et le quartier gĂ©nĂ©ral de la Cinquième Flotte de la Marine amĂ©ricaine, affichait 56% de santĂ©. Les Emirats Arabes Unis, siège de me-central-1 et l’un des Ă©cosystèmes financiers les plus dĂ©pendants du cloud au monde, Ă©taient tombĂ©s Ă  50%. Tel-Aviv, paradoxalement, affichait 100%. Deux incidents actifs, tous deux notĂ©s au rayon d’explosion maximum 5/5, se propageaient Ă  travers des piles multi-services dans tout le Golfe. La chaĂ®ne de dĂ©pendance indiquait: Multi-Svc, puis EC2, puis CloudWatch, puis ECR. Temps estimĂ© de rĂ©solution: de deux Ă  six heures.

Ce n’est pas une mĂ©taphore. C’est un flux de renseignement en temps rĂ©el provenant de l’une des zones de conflit les plus dĂ©cisives de la planète, traduit dans la grammaire froide de la surveillance de la santĂ© des services, des Ă©valuations de criticitĂ© et des scores de risque de propagation. NEXUS n’Ă©ditorialise pas. Il observe, corrèle et calcule. Et le 3 mars 2026, il calculait la signature numĂ©rique d’une guerre.

L’architecture de la guerre moderne

Il existe une tendance, lorsque les guerres commencent, Ă  recourir au vocabulaire du vingtième siècle. Nous parlons de campagnes aĂ©riennes, de bombardements stratĂ©giques, comme si nous narrions la RAF au-dessus de la Ruhr en 1943, ou les sorties amĂ©ricaines au-dessus du Vietnam du Nord. Mais la guerre qui a commencĂ© le 28 fĂ©vrier 2026 entre les États-Unis et IsraĂ«l d’un cĂ´tĂ© et l’Iran de l’autre ne se livre pas uniquement dans l’espace aĂ©rien au-dessus de TĂ©hĂ©ran. Elle se livre, simultanĂ©ment et avec une intensitĂ© Ă©gale, dans le spectre Ă©lectromagnĂ©tique, dans les tables de routage des fournisseurs de services internet, dans les journaux d’authentification des plateformes cloud, et dans les rĂ©seaux de technologie opĂ©rationnelle des raffineries de pĂ©trole et des systèmes logistiques portuaires de toute la rĂ©gion du Golfe.

L’OpĂ©ration Epic Fury, comme le camp amĂ©ricain a nommĂ© sa campagne, et l’OpĂ©ration Rugissement du Lion, la dĂ©signation israĂ©lienne, ont lancĂ© leurs premières frappes contre 500 objectifs militaires en une seule nuit, dĂ©ployant environ 200 chasseurs dans ce que l’armĂ©e de l’air israĂ©lienne a dĂ©crit comme la plus grande sortie de combat de son histoire. Plus de 1 200 bombes furent larguĂ©es dans les 24 premières heures. Les bombardiers furtifs B-2 amĂ©ricains ont larguĂ© des dizaines de munitions pĂ©nĂ©trantes de 900 kg sur des lanceurs de missiles balistiques enterrĂ©s en profondeur. Les objectifs comprenaient les systèmes de dĂ©fense aĂ©rienne, le complexe personnel du Guide SuprĂŞme Ali Khamenei, tuĂ© lors des premières frappes, et le siège de l’IRIB, la chaĂ®ne d’État iranienne, touchĂ© le 3 mars.

Ce dernier objectif mĂ©rite plus d’attention qu’il n’en a reçu. La chaĂ®ne d’État n’est pas une installation militaire. C’est le système nerveux d’information d’un gouvernement. La dĂ©truire accomplit quelque chose qu’une batterie de missiles ne peut accomplir: elle coupe la capacitĂ© du rĂ©gime Ă  narrer sa propre survie Ă  son propre peuple. Le parallèle avec les Ă©metteurs de la BBC que les AlliĂ©s ont combattu pour maintenir opĂ©rationnels pendant la Seconde Guerre mondiale n’est pas accidentel. Dans ce conflit, contrĂ´ler l’environnement informationnel est insĂ©parable du contrĂ´le du champ de bataille physique.

La cyberguerre qui a précédé les bombes

Ce que le cycle d’actualitĂ©s conventionnel a manquĂ©, comme toujours, c’est que la campagne cinĂ©tique n’a pas commencĂ© le 28 fĂ©vrier. La campagne cyber a commencĂ© des semaines, peut-ĂŞtre des mois, auparavant. Les chercheurs en sĂ©curitĂ© d’Approov ont documentĂ© une augmentation significative des attaques sophistiquĂ©es de sondage d’API ciblant les applications gouvernementales rĂ©gionales Ă  partir du dĂ©but du mois de fĂ©vrier 2026, des sondages qui se sont arrĂŞtĂ©s brusquement le 27 fĂ©vrier. Binary Defense a rapportĂ© que l’Iran semblait prĂ©parer activement des logiciels malveillants ciblant des entitĂ©s en IsraĂ«l et au Moyen-Orient avant mĂŞme le dĂ©but des frappes aĂ©riennes. MuddyWater, APT42, APT33 et APT34 avaient menĂ© des campagnes d’intrusion persistantes pendant des mois.

C’est l’architecture de la guerre hybride moderne, et elle suit une logique aussi ancienne que la stratĂ©gie militaire elle-mĂŞme. On ne commence pas une guerre; on se positionne pour une guerre. On prĂ©-place des capacitĂ©s. On Ă©tablit la persistance. On attend. Quand les bombes tombent, les opĂ©rations cyber passent du renseignement Ă  la perturbation et Ă  la dĂ©gradation active. Des moniteurs indĂ©pendants ont confirmĂ© que la connectivitĂ© internet de l’Iran s’est effondrĂ©e entre 1 et 4 pour cent des niveaux normaux dans les heures suivant les premières frappes, ce que CloudSEK a dĂ©crit comme potentiellement la plus grande cyberattaque de l’histoire contre l’infrastructure numĂ©rique d’un État-nation.

Les services numĂ©riques gouvernementaux se sont Ă©teints Ă  travers TĂ©hĂ©ran, Ispahan et Chiraz. Les systèmes de communication du CGRI ont Ă©tĂ© perturbĂ©s. L’application de prière BadeSaba a Ă©tĂ© compromise pour afficher des messages incitant les militaires Ă  dĂ©serter. L’agence de presse d’État IRNA a vu sa page d’accueil remplacĂ©e par des messages anti-rĂ©gime. Ce ne sont pas les actes de hacktivistes. Ce sont des opĂ©rations d’État coordonnĂ©es, synchronisĂ©es Ă  la minute avec la campagne cinĂ©tique.

Pourquoi ces cibles, et pourquoi encore

Les sites nuclĂ©aires et les lanceurs de missiles reprĂ©sentent le strat Ă©vident des objectifs. Les 460 kilogrammes d’uranium enrichi Ă  60% de l’Iran, suffisant pour onze armes nuclĂ©aires selon les estimations de responsables amĂ©ricains, ont fourni la justification stratĂ©gique. L’arsenal de missiles balistiques, avec plus de 500 missiles balistiques et navals et près de 2 000 drones lancĂ©s contre IsraĂ«l et les bases amĂ©ricaines rĂ©gionales au dĂ©but du mois de mars, a fourni la justification militaire immĂ©diate.

Mais en regardant de plus près ce qui a Ă©tĂ© frappĂ© au cours des dix premiers jours, un deuxième niveau devient visible. Des dĂ©pĂ´ts de pĂ©trole. Des installations de raffinage de carburant. Le dĂ©pĂ´t de pĂ©trole Shahran Ă  la pĂ©riphĂ©rie de TĂ©hĂ©ran, en flammes pendant des jours après la frappe. La zone industrielle Shokouhiyeh Ă  Qom, oĂą les rĂ©sidents ont eu des heures pour Ă©vacuer. Ce sont des cibles d’infrastructure dont la destruction ne dĂ©grade pas directement la capacitĂ© militaire. Elle dĂ©grade le substrat Ă©conomique dont dĂ©pend la capacitĂ© militaire. Le Brent a grimpĂ© Ă  119,50 dollars le baril. Bapco Energies de BahreĂŻn a dĂ©clarĂ© force majeure. Plus de 1 100 navires dans les eaux du Golfe ont subi du brouillage GPS et des perturbations AIS.

Le tableau de bord NEXUS a enregistrĂ© tout cela en temps rĂ©el. Le score de santĂ© de 56% pour BahreĂŻn et de 50% pour les EAU n’Ă©taient pas des dĂ©faillances techniques dans les centres de donnĂ©es d’Amazon. C’Ă©tait la signature numĂ©rique d’une guerre menĂ©e sur le système nerveux d’une rĂ©gion. L’Iran a depuis nommĂ© Mojtaba Khamenei, fils du Guide SuprĂŞme assassinĂ©, comme son successeur. Un rĂ©gime qui nomme un successeur sous les bombes est un rĂ©gime qui entend continuer Ă  se battre.

Ce dont nous ne parlons pas

La rĂ©gion du Golfe n’est pas un théâtre lointain dont les perturbations numĂ©riques sont contenues dans sa propre gĂ©ographie. C’est un noeud dans un rĂ©seau mondial d’interdĂ©pendances qui atteint chaque banque, chaque plateforme logistique, chaque charge de travail cloud fonctionnant au Moyen-Orient. Quand les incidents Multi-Svc se propagent Ă  travers ces rĂ©gions avec un rayon d’explosion de 5/5, comme le tableau de bord NEXUS l’a enregistrĂ© Ă  17h14 le 3 mars, la chaĂ®ne de dĂ©pendances ne s’arrĂŞte pas Ă  la frontière rĂ©gionale.

La CISA, l’Agence de CybersĂ©curitĂ© et de SĂ©curitĂ© des Infrastructures des États-Unis, fonctionnait avec environ 38% de ses niveaux de personnel autorisĂ©s au moment oĂą ce conflit a commencĂ©, rĂ©sultat d’un arrĂŞt partiel du gouvernement et d’une rĂ©organisation de la direction. Le moment le plus dangereux pour les infrastructures critiques amĂ©ricaines est arrivĂ© prĂ©cisĂ©ment lorsque l’agence conçue pour les dĂ©fendre Ă©tait en chute libre administrative.

Les capacitĂ©s cyber de l’Iran ne sont pas limitĂ©es par le blackout de l’internet domestique. Les groupes qui opèrent sous la direction du CGRI, Handala, APT34, APT35, MuddyWater, APT42, Hydro Kitten, la Salle des OpĂ©rations Électroniques Ă©tablie le 28 fĂ©vrier 2026, opèrent via des proxies, des infrastructures prĂ©-positionnĂ©es hors d’Iran, et des opĂ©rateurs affiliĂ©s au Liban, en Irak et au YĂ©men qui ne sont pas du tout affectĂ©s par le blackout domestique.

Particulièrement prĂ©occupant est le groupe de ransomware Sicarii, apparu en dĂ©cembre 2025 avec un dĂ©faut de conception critique: son chiffrement jette ses propres clĂ©s après avoir chiffrĂ© les fichiers, rendant le dĂ©chiffrement dĂ©finitivement impossible tant pour les victimes que pour les opĂ©rateurs. Un groupe qui dĂ©ploie un ransomware qui ne peut pas ĂŞtre inversĂ© n’exĂ©cute pas une opĂ©ration d’extorsion criminelle. Il exĂ©cute une opĂ©ration de destruction avec un vernis financier.

L’histoire que nous avons oubliĂ© de lire

En 2010, un logiciel malveillant appelĂ© Stuxnet, attribuĂ© plus tard Ă  une opĂ©ration conjointe amĂ©ricano-israĂ©lienne, a dĂ©truit environ un cinquième des centrifugeuses nuclĂ©aires iraniennes Ă  l’installation de Natanz, les faisant tourner jusqu’Ă  leur destruction tout en signalant un fonctionnement normal aux systèmes de surveillance. C’Ă©tait l’arme cybernĂ©tique la plus sophistiquĂ©e jamais dĂ©ployĂ©e dans un conflit, et sa leçon Ă©tait que l’infrastructure critique d’une nation pouvait ĂŞtre dĂ©truite Ă  distance, invisiblement et avec une nĂ©gabilitĂ© totale. L’Iran a absorbĂ© cette leçon. Il a passĂ© les quinze annĂ©es suivantes Ă  construire la capacitĂ© de rĂ©pondre en nature.

CyberAv3ngers, un groupe liĂ© au CGRI, a attaquĂ© des systèmes d’eau et de gaz aux États-Unis en 2024, compromettant des Automates Programmables Industriels dans des installations de plusieurs États. Le Boston Children’s Hospital a Ă©tĂ© ciblĂ© en 2017. Les acteurs cyber iraniens avaient Ă©tabli des points d’appui persistants dans les infrastructures critiques du Moyen-Orient via le vol de credentials et la compromission de VPN au moins depuis dĂ©but 2025.

L’adage de Sun Tzu selon lequel l’art suprĂŞme de la guerre est de soumettre l’ennemi sans combattre trouve son expression contemporaine dans le malware prĂ©-positionnĂ© qui attend en silence dans le rĂ©seau d’un adversaire, dans les sondages API qui cartographient les vulnĂ©rabilitĂ©s des mois avant la première frappe cinĂ©tique, et dans le brouillage GPS qui laisse soudainement incertains de leur position plus de 1 100 navires dans l’un des corridors maritimes les plus frĂ©quentĂ©s au monde.

Ce qui pourrait arriver: analyse des scénarios

Ă€ mesure que l’inventaire de missiles conventionnels de l’Iran s’Ă©puise, avec des analystes estimant que la consommation a rĂ©duit les stocks utilisables d’environ 40% depuis le dĂ©but de la campagne, l’incitation stratĂ©gique Ă  substituer des opĂ©rations cyber augmente. Un rĂ©gime avec moins de missiles a de meilleures raisons de maximiser l’utilisation d’armes qui ne coĂ»tent rien Ă  rĂ©pliquer: le malware, les wipers, les botnets DDoS, les implants prĂ©-positionnĂ©s dans les rĂ©seaux de technologie opĂ©rationnelle qui peuvent ĂŞtre activĂ©s avec une seule commande chiffrĂ©e d’un opĂ©rateur se trouvant loin de TĂ©hĂ©ran.

L’infrastructure pĂ©trolière et Ă©nergĂ©tique du Golfe, dĂ©jĂ  perturbĂ©e par la phase cinĂ©tique du conflit, est la cible la plus exposĂ©e et la plus dĂ©terminante pour la phase cyber qui suivra. Les systèmes SCADA contrĂ´lant les opĂ©rations de raffinerie, la gestion de la pression des pipelines, les plateformes de forage offshore et la logistique des terminaux GNL sont prĂ©cisĂ©ment le type d’environnements de technologie opĂ©rationnelle dans lesquels CyberAv3ngers et APT34 ont dĂ©montrĂ© un accès persistant.

Les opĂ©rateurs d’infrastructures europĂ©ens qui croient que ce scĂ©nario est gĂ©ographiquement Ă©loignĂ© commettent une erreur catĂ©gorielle. L’architecture cloud qui sous-tend les systèmes financiers europĂ©ens, les rĂ©seaux logistiques et les infrastructures critiques n’est pas isolĂ©e des rĂ©gions du Golfe actuellement sous attaque. La chaĂ®ne de dĂ©pendances NEXUS, de multi Ă  ec2 Ă  cloudwatch Ă  ecr, est une reprĂ©sentation simplifiĂ©e de chemins qui s’Ă©tendent dans les charges de travail fonctionnant Ă  Francfort, Paris, Londres et Milan.

Analyse technique: ce que les données nous disent

Les tableaux suivants prĂ©sentent l’Ă©valuation de renseignement structurĂ©e produite par la plateforme NEXUS et corroborĂ©e par le renseignement de sources ouvertes de Unit 42 (Palo Alto Networks), CloudSEK, CSIS, le Centre canadien pour la cybersĂ©curitĂ©, Google Threat Intelligence Group, CrowdStrike et Halcyon. Ils ne sont pas destinĂ©s Ă  ĂŞtre un briefing technique exhaustif, mais un instrument de calibration, une façon d’attribuer des poids relatifs aux menaces que la couverture narrative de ce conflit a jusqu’Ă  prĂ©sent traitĂ©es comme Ă©quivalentes ou a totalement ignorĂ©es.

Tableau 1 — CatĂ©gories d’Objectifs, Logique des Frappes et CorrĂ©lation Cyber

CatĂ©gorie d’ObjectifButCinĂ©tiqueCyberProbabilitĂ© re-frappe
Défense aérienne / SAMDégrader enveloppe A2/ADOuiBrouillage communicationsTrès Haute
Sites missiles balistiquesRéduire capacité offensiveOuiSpoofing pré-lancementTrès Haute
Installations nucléairesNon-prolifération / déni WMDOuiDisruption SCADAHaute
IRIB ChaĂ®ne d’ÉtatContrĂ´le narratifOuiDĂ©facement webMoyenne
Dépôts pétrole / RaffineriesAttrition économiqueOuiAttaque SCADA / OTHaute
Résidence dirigeantsFrappe de décapitationOuiCoupure communicationsFaible (réalisée)
Noeuds réseau électriqueDisruption systémiquePartielMalware pré-positionnéTrès Haute
Logistique portuairePression chaîne approv.NonSpoofing AIS/GPSHaute
Cloud / Infra TélécomBlackout info, coupure C2NonDétournement BGP, DDoSEn cours

Tableau 2 — État de Santé Régional AWS, 3 mars 2026 (Données de renseignement en temps réel NEXUS)

RĂ©gion AWSSiègeSantĂ© (03/03)Incident ActifRayon d’ImpactMTTR Est.
me-south-1Bahreïn56%Multi-Svc DISRUPTION5/52–6 h
me-central-1EAU50%Multi-Svc DISRUPTION5/52–6 h
il-central-1Tel-Aviv100%Aucun incident0/5—
Global EdgeCloudFront94%Mineur (Résolu)1/5Résolu

Tableau 3 — Acteurs de Menace AlignĂ©s sur l’Iran, CapacitĂ©s et Secteurs Cibles

Acteur de MenaceAffiliationTTP PrincipalSecteur CibleSophistication
Handala HackMOISExfil + wiper + fuite de donnéesDéfense, santé, énergieHaute
APT34 / OilRigIRGCSpear-phish, exploit PLCGov, finance, OT/ICSTrès Haute
APT35 / Charming KittenIRGCVol identifiants, surveillance mobileJournalistes, diaspora, govHaute
MuddyWater / Op. OlalampoMOISBackdoor VPN, webshellGov, télécom, financeHaute
APT42IRGC-ISIng. sociale, surveillanceSociété civile, gov occid.Haute
Hydro KittenIRGC-alignéDDoS, secteur financierBanques, finance CCGMoyenne
CyberAv3ngersIRGCAttaques PLC OT/ICSEau, gaz, utilitiesHaute
Electronic Ops RoomCoord. IRGCOpérations hybrides multi-vecteursInfra. régionale, médiasTrès Haute
Sicarii RansomwareCriminel/proxy IRGCRaaS — destruction permanente donnéesIndustrie, région METAMoyen-Haute
KillNet (russo-aligné)OpportunisteCampagnes DDoSCibles NATO-adjacentesMoyenne

Tableau 4 — Évaluation des Scénarios Futurs (Horizon 6 Mois)

ScĂ©narioProbabilitĂ© (6m)Vecteur d’AttaqueCibleImpact Potentiel
Wiper malware sur OT du Golfe>60% HauteImplants pré-positionnésSCADA oil/gasDisruption approv. régional, pétrole >150$
Détournement BGP/DNS cloud CCG~40% MoyenneManipulation routageSecteur financierÉchec auth, exposition données massives
DDoS infra. critiques UE~45% MoyenneBotnet, chaîne proxyÉnergie, hôpitauxInterruption services, ~50M€+
Saturation AIS/GPS Ormuz>65% HauteGuerre électroniqueNavigation commercialeDétournement fret, pic pétrole
Attaques eau potable USA~35% MoyenneExploit PLC (CyberAv3ngers)Utilities hydriquesRisque contamination, santé publique
Interception télécom occid.~25% FaibleBackdoor VPN (APT34)ISP, opérateurs satellitesCollecte renseignement long terme
Disruption marchés UE~20% FaibleDDoS + désinformationBourses, banquesVolatilité marchés, risque systémique
Ransomware chaîne approv.>50% Moy-HauteFournisseur compromisShipping, ports, logistiqueCascade disruption, semaines de retard

Tableau 5 — Indicateurs Clés de Risque et de Performance: État Opérationnel Actuel

KPI / KRIValeur ActuelleSeuil d’AlerteStatutAction RecommandĂ©e
Santé AWS me-south-156%<70% = AlerteCRITIQUEActiver DR failover sur eu-west-1
Santé AWS me-central-150%<70% = AlerteCRITIQUEBasculer sur ap-south-1
Brent Brut~$113–119/bbl>$100 = ÉlevéÉLEVÉRevoir couverture approv. énergie
Groupes hacktivistes actifs8+ actifs>5 = HautHAUTÉlever seuil alerte EDR
Personnel CISA~38%<75% = DangerCRITIQUEEngager MSSP secteur privé
Spoofing GPS/AIS Golfe1 100+ navires>500 = AlerteÉLEVÉActiver protocoles nav. alternatifs
Stocks missiles iraniensEst. 40% épuisés<30% = Changement tactiqueSURVEILLANCESurveiller escalade cyber
Rayon impact cloud (max)5/5>=4 = CritiqueCRITIQUEIsoler dépendances cloud régionales
Malware pré-positionné (connu)Actif (non quantifié)Tout = AlerteHAUTThreat hunt OT/ICS, audit logs VPN
Trafic DĂ©troit d’OrmuzPerturbĂ©>10% dĂ©viation = AlerteÉLEVÉActiver routes logistiques alternatives

Ce que NEXUS nous dit que les généraux ne disent pas

La plateforme NEXUS ne prĂ©dit pas l’avenir. Elle observe le prĂ©sent avec suffisamment de granularitĂ© pour rendre l’avenir lisible. Quand elle affiche BahreĂŻn Ă  56% et les EAU Ă  50%, elle ne signale pas un problème technique. Elle signale la consĂ©quence numĂ©rique d’une guerre. Quand elle affiche une cascade de dĂ©pendances de Multi-Svc vers EC2 vers CloudWatch vers ECR, elle ne dĂ©crit pas un diagramme d’architecture. Elle trace le chemin le long duquel une perturbation devient une panne, devient une cascade, devient une crise.

La question que chaque CISO, chaque responsable d’infrastructure, chaque rĂ©gulateur et chaque dĂ©cideur qui lit cette analyse devrait se poser n’est pas de savoir s’il regarde la guerre d’Iran Ă  la tĂ©lĂ©vision. C’est de savoir si sa carte de dĂ©pendances ressemble Ă  celle que le tableau de bord NEXUS affiche en temps rĂ©el, et ce qu’il entend faire Ă  ce sujet avant que la cascade ne l’atteigne.

L’histoire ne se rĂ©pète pas. Mais elle rime. La rime que nous devrions Ă©couter, dans la bande de frĂ©quences entre les bombes et le silence, est le son d’un malware plantĂ© il y a des mois, dans un rĂ©seau dont le propriĂ©taire regarde les nouvelles en pensant: cette guerre se passe lĂ -bas. Elle ne se passe pas lĂ -bas. Elle est dans votre rĂ©seau depuis fĂ©vrier.

Sources de données: AWS Health RSS feeds, status.aws.amazon.com, Unit 42 / Palo Alto Networks, CloudSEK, CSIS, Centre Canadien pour la Cybersécurité, Google TIG, CrowdStrike, Halcyon, Al Jazeera, House of Commons Library, CNBC, The Register, Cybersecurity Dive.

Raffaele Di Marzio
Executive Cybersecurity Consultant
raffaele.dimarzio@cyberium.limited

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